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René Bérard

René est donc né dans ce village provençal où ses parents pratiquent déjà un de ces métiers dits de bouche, et c'est tout naturellement que l'on envisage pour le jeune rené la poursuite de l'œuvre paternelle : il reprendra la boucherie familiale. C'est sans compter sur un esprit un peu rebelle déjà fortement imprégné par les fumets d'antiques délices provençaux préparés par ses grands-mères ; et notre tout jeune homme quitte les ruelles étroites pour rejoindre l'Ecole d'alimentation de Paris où il s'initiera à tous les ingrédients, ceux du bonheur.

Mais pour lui, le bonheur, c'est avant sa Provence natale, et il y revient très vite, ne serait-ce que pour ne pas laisser s'enfuir Danièle, jeunesse cadiéraine de dix-huit printemps qui poursuit des études de pharmacie à Menton. Nos tourtereaux vont vite unir leurs destins pour ne plus se quitter, à commencer dans leur commerce de Sanary, : charcuterie traiteur. leur passion commune, leur volonté et un travail acharné portent leurs fruits : l'affaire est florissante. Bientôt ils reprennent celle de la Cadière dont ils font vite une autre référence.

Un chef d'ici

couleurs et de détails, nous préférons être ceux de cette fresque vivante où l'amitié est en filigrane. Famille, ami, client, souvent un subtil mélange de chacun ! Quiconque traversera l'univers de  Danièle et René gardera en mémoire un coin de ciel bleu, un rayon de soleil, un parfumde garrigue, une odeur d'épices, le souvenir onctueux d'un fumet, goûteux d'un plat, mais surtout il se souviendra à jamais de l'étincelle qui brille dans les yeux de René, de celles qui caractérisent les grands passionnés, une étincelle que le mistral attise pour illuminer notre quotidien.

Rédaction : Bernard Van de Kerckhove

Photos : Sébastien Verdière

Retour à La Cadière

Nous somme en 1969 ; René a 25 ans, et le monde lui appartient. Le monde… mais pas cet hôtel restaurant du village qu'une de ses clientes lui propose un jour de racheter. S'il n'hésite pas longtemps, c'est presque en cachette de Danièle qu'il fait ses premiers pas dans ce qui n'est pas encore, et loin s'en faut, l'Hostellerie Bérard. On pourrait alors vous conter la plus merveilleuse des histoires. 

Celle d'un couple jamais séparé qui s'enrichira d'une jeune et jolie Sandra aujourd'hui fortement impliquée dans la maison, celle d'une bâtisse qui n'a jamais connu une seule saison sans s'agrandir, se rénover, s'embellir. On pourrait vous conter cette histoire pleine de gourmandise mais on en préfèrera une autre, une histoire d'amour, une histoire de campagne. Cette "campagne" se trouve au pied de la colline, là où est née Danièle.

Pas de clôture, pas de barrières, une maison simple, que l'on devine solide avec, sur le devant, un patio ombragé par une treille centenaire. Là, dans un ordonnancement qui ne laisse rien au hasard mais conserve cependant son caractère naturel, s'épanouissent tous les fruits et légumes qui illustreront la carte du restaurant.

Une cuisine de tous les goûts

Ici, le chant des cigales remplaçant fifrelins et tambourins, rené devient ménestrel et nous fait vivre la terre, sa terre. Dans sa chanson il est toujours question de goût, de saveur, de générosité, d'élégance, de promesses et, au fur et à mesure de la visite des jardins, les saisons s'écoulent, les recettes prennent forme, les appétits s'aiguisent. Pénétrant dans la maison, nous sommes accueillis par les paniers débordant d'un bouquet coloré d'une récolte aussi instructive que généreuse, la vaste cuisine offrant son décor d'une autre époque. 

Pas de passéisme dans cette reconstitution, mais l'envie de donner une suite logique à la hauteur des plaisirs d'une cueillette dont on avait oublié la simplicité.Nous pourrions être les acteurs d'un tableau de quelque peintre flamand plein de

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